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Comment s'informent (vraiment) les jeunes en Belgique francophone ?

Nonante Cinq 3 juni 2026
Comment s'informent (vraiment) les jeunes en Belgique francophone ?

Posez la question à un groupe d'étudiants : « Quels médias consommez-vous ? ». Il y a encore quelques années, vous auriez récolté quelques réponses identifiables. Un Le Soir feuilleté chez les parents, une Radio Contact allumée dans la voiture, le JT de la RTBF aperçu à 19h30. Pas grand-chose, mais quelque chose.

Aujourd'hui, faites le test (même dans une école de communication, là où on forme les futurs professionnels du secteur) et le silence est assez vertigineux. Les marques médias traditionnelles n'apparaissent quasiment plus spontanément. Le seul nom qui revient encore avec régularité ? HugoDécrypte. Ce qui, pour un public belge francophone, ne manque pas d'ironie : le média d'actu de référence des 15-25 ans en Belgique est… Français.

Il faut dire que l'offre s'est appauvrie en chemin. Metro, l'un des derniers quotidiens gratuits en papier, distribué notamment dans les gares et longtemps croisé par les jeunes navetteurs, a disparu en 2023. Guido, qui était au départ un magazine papier pensé pour les étudiants, ne subsiste plus que sous forme web. Petit à petit, les points de contact physiques qui mettaient un peu d'actu sous les yeux des jeunes se sont raréfiés, ce qui a laissé le champ libre aux plateformes.

Chez Nonante Cinq, en tant qu'agence de relations publiques, ce constat nous travaille. Parce que comprendre où les gens s'informent, c'est le cœur de notre métier. Et parce qu'il y a un gouffre grandissant entre ce que les professionnels du milieu nous présentent comme « les médias des jeunes » et ce que les jeunes consomment vraiment dans la vraie vie.

Alors on a voulu faire un recensement honnête, centré sur l'info et l'actu : par où passe (ou ne passe pas) l'actualité chez les 15-25 ans en Belgique francophone.

D'abord, un constat : la marque média a disparu du radar

Le premier réflexe quand on parle de consommation d'information, c'est de penser en termes de marques : Le Soir, la RTBF, RTL, La Libre. C'est précisément ce cadre qui ne fonctionne plus avec les jeunes.

Ce n'est pas que les jeunes ne s'informent pas, c'est qu'ils ne le font plus à travers une marque qu'ils sauraient nommer. L'actualité leur arrive par un fil, un feed, un algorithme. Elle est désincarnée de la marque qui l'a produite, ou alors elle est incarnée par une personne (un créateur, un visage) plutôt que par un logo. Une étude Deloitte publiée début 2026 va même plus loin : une part non négligeable des jeunes adultes belges déclare désormais s'informer via des chatbots IA, et une bonne partie d'entre eux ne vérifie pas l'information obtenue.

C'est un changement de paradigme complet pour quiconque travaille en communication : on ne touche plus un jeune en « plaçant » un message dans un média identifié, mais en comprenant la mécanique de plateformes et de personnalités qui ne ressemblent en rien à l'écosystème médiatique classique.

Voici donc où circule (selon nous) réellement l'information.

Les médias traditionnels qui veulent toucher les jeunes (avec plus ou moins de succès)

Les rédactions belges ne sont pas restées les bras croisés. Plusieurs ont lancé des projets spécifiquement pensés pour rajeunir leur lectorat. La vraie question, c'est : est-ce que ça marche ?

Zest, le pari de Sudinfo. Adossé à Sudinfo.be, Zest se présente comme « l'info qui a du pep's » et vise clairement les 18-35 ans, du campus au premier emploi. Le projet a d'ailleurs absorbé la communauté étudiante Kotplanet pour gagner en masse critique, et mise beaucoup sur Instagram (18.600 abonnés à ce jour) avec un ton décalé, de la culture, des tips et de l'actu « qui se regarde ». L'intention est bonne et la cible est juste. Reste la question de fond, valable pour tous ces projets : un compte de média "institutionnel" suscite-t-il le même attachement qu'un créateur indépendant ? Le pari n'est pas encore gagné, mais l'incarnation assumée du média pourrait être une piste intéressante.

« En Vrai », la tentative du Soir. Le Soir a lancé « En Vrai », une section sur son site dédiée à la génération des 18-30 ans (mais pas que). La promesse : décrypter, explorer, questionner et écouter, sans tabou mais avec sérieux, autour de cinq thèmes (boulot, études, intimité, argent et tout ce qui fait vibrer cette tranche d'âge) déclinés dans une variété de formats. La ligne assumée, c'est que « les vraies questions méritent plus qu'une story de 15 secondes » : autrement dit, miser sur le fond et le format long là où la plateforme moyenne pousse à l'instantané. C'est une démarche logique pour un quotidien de référence qui voit sa pyramide des âges vieillir. La difficulté reste structurelle : il est compliqué, pour une marque associée au journal « des parents », de s'installer durablement dans le quotidien numérique d'un jeune de 20 ans. Mais l'angle éditorial (du sérieux sur des sujets qui parlent vraiment à cette génération) est une piste.

Le constat général est donc nuancé. Ces initiatives existent, elles sont sérieuses, et elles partent d'une bonne lecture du problème. Mais entre vouloir toucher les jeunes et les toucher réellement, l'écart reste important. Précisément parce que les jeunes ne raisonnent plus en marques, mais en personnes et en formats.

Tarmac et la RTBF : multiplier les portes d'entrée

S'il y a un acteur traditionnel qui a multiplié les initiatives vers la jeunesse, c'est la RTBF, et Tarmac en est le fer de lance. Lancé en 2017 sous la houlette de Thomas Duprel (alias Akro, rappeur et membre de la communauté hip-hop), Tarmac n'est pas une radio ou une chaîne au sens classique : c'est un média 100% pensé pour les 15-25 ans, articulé autour de la musique urbaine, du hip-hop, du gaming, de l'humour et de l'actualité.

Le choix stratégique fort : dès le départ, Tarmac a fait le deuil de sa propre application et de son site comme points d'entrée principaux, pour aller là où sont les jeunes (YouTube, Instagram, Snapchat, TikTok). L'information y représente une part du contenu, mais elle cohabite volontairement avec le divertissement, parce que c'est exactement comme ça que les jeunes consomment : sans cloison nette entre « s'informer » et « se divertir ».

La RTBF ne s'est d'ailleurs pas arrêtée à l'info. Elle a aussi développé des formats qui parlent aux jeunes en empruntant leurs codes, à commencer par Spit : un média digital lancé en 2022, « 100% peps et 100% belge », pensé pour les ados. Spit ne vit que là où vivent les jeunes : TikTok, Instagram, YouTube, Snapchat. Au menu, de la pop culture, de l'actu insolite, des micro-trottoirs et des défis. La logique est limpide : ce n'est pas le logo RTBF qui attire, ce sont des visages que les ados suivaient déjà. La RTBF a poussé l'idée jusqu'à lancer « Mise à jour », un compte TikTok (presque 600.000 abonnés !) dédié à l'info pour ados. Dans un autre registre, Story Privée (série documentaire et podcast portée par Tarmac) donne la parole à des jeunes sur leur quotidien et leurs identités, par et pour eux.

Dans un registre plus spécialisé, la RTBF a aussi lancé iXPé, son média gaming, esport et culture geek, taillé pour les nouvelles générations (la cible affichée descend jusqu'aux 16-20 ans). Là encore, le pari est d'aller chercher les jeunes là où ils sont déjà : iXPé vit principalement sur Twitch, YouTube et les réseaux, autour du jeu vidéo, de l'actu tech et de la pop culture, avec un ton de passionné plutôt que de marque institutionnelle. C'est une autre porte d'entrée, qui ne croise pas forcément le même public que Tarmac ou Spit, et qui montre la logique de la RTBF : multiplier les formats et les univers plutôt que de tout faire passer par une seule grande marque.

Le bilan ? Des réussites réelles et une longueur d'avance sur la plupart des autres médias historiques. Mais Tarmac reste un acteur parmi d'autres dans des feeds où il est en concurrence directe avec des créateurs et des médias français aux moyens colossaux. La bataille de l'attention n'est jamais gagnée d'avance.

Et les radios « jeunes » dans tout ça ? Le grand décalage

On ne peut pas parler des médias censés viser les jeunes sans évoquer les radios qui se sont construites, à l'origine, autour de cette promesse : NRJ et Fun Radio en tête, format hit-music ou dancefloor, codes et habillage pensés pour un public jeune. Sur le papier, ce sont des médias « par essence » destinés aux 15-25 ans.

Dans les faits, l'écart entre l'image et l'audience réelle est saisissant. Les derniers chiffres CIM (vague septembre-décembre 2025) placent NRJ autour de 4,86 % de parts de marché et Fun Radio à seulement 2,2 %, loin derrière des stations dont le cœur d'audience n'a rien de jeune : Nostalgie domine le classement à 16,12 %, suivie de VivaCité, Radio Contact et Classic 21. Autrement dit, les radios qui cartonnent en Belgique francophone ne sont pas celles qui visent les jeunes, et les radios « jeunes » ne pèsent plus grand-chose dans le total. Si le sujet vous intéresse, on suit ces évolutions vague après vague dans notre classement des radios belges.

La vraie question, c'est de savoir si un jeune de 18 ans « écoute » encore la radio au sens classique : un poste allumé, un programme suivi en direct. Une partie de l'écoute jeune a migré vers le streaming, les playlists et les podcasts, où l'on choisit soi-même ce qu'on écoute et quand. Les radios jeunes l'ont bien compris et investissent le numérique, mais elles affrontent là une concurrence (Spotify, YouTube, podcasts) qui n'existait pas quand elles se sont imposées. Le label « radio des jeunes » reste, l'usage jeune, lui, s'est largement déplacé ailleurs.

Les newsfluenceurs : l'info par des visages, pas des logos

C'est sans doute le phénomène le plus structurant de ces deux dernières années. Une partie croissante des jeunes s'informe désormais via des newsfluenceurs : des créateurs, souvent jeunes eux-mêmes, qui décryptent l'actualité depuis leur smartphone, face caméra, avec un ton direct et une proximité que les rédactions traditionnelles ont largement perdue.

En Belgique francophone, l'écosystème grandit vite. On y trouve des comptes comme L'Explik (ex-PolitiquEnsemble) qui est désormais le plus suivi, Yurbise, Asckipe, Bruxelles Dévie, QuelCharabia ou encore Belgica, chacun avec son ton; du plus pédagogue au plus militant, du plus généraliste au plus combatif. Certains rassemblent déjà plus d'abonnés que des médias établis, avec des taux d'engagement bien supérieurs.

On ne suit plus un média : on suit une personne. Et c'est ce sentiment de recevoir l'actu « d'un pote » de confiance qui fidélise. Le phénomène est suffisamment important pour qu'on lui ait consacré un article complet, à lire ici pour comprendre qui sont ces newsfluenceurs et ce qu'ils changent pour les marques.

Détail intéressant et un brin paradoxal : ce mouvement est nettement plus marqué côté francophone que côté flamand, où ce sont plutôt les journalistes traditionnels, plus présents sur les réseaux, qui occupent cet espace.

HugoDécrypte et les médias français : le réflexe d'à-côté

Impossible de parler de l'information des jeunes en Belgique francophone sans évoquer l'éléphant dans la pièce : une part énorme de ce public s'informe via des médias… français. HugoDécrypte, parti de la chambre d'étudiant d'Hugo Travers à Sciences Po en 2015, est devenu un véritable média avec plus de 5,5 millions d'abonnés sur Instagram, une quarantaine d'employés dont une quinzaine de journalistes, et le titre de personnalité préférée des Français de 15 à 24 ans fin 2025.

Le problème (ou l'opportunité, selon le point de vue), c'est qu'HugoDécrypte traite l'actualité française et internationale, pas belge. Résultat : beaucoup de jeunes Belges ont une connaissance plus poussée de la vie politique française et une vision floue de leur propre paysage institutionnel. C'est précisément cette béance que les newsfluenceurs belges tentent, à leur échelle, de combler.

Et si la solution venait de l'intérieur du média lui-même ? HugoDécrypte a commencé à décliner son modèle à l'échelle de grandes villes françaises, avec des formats plus locaux. On peut légitimement se demander si une antenne belge ne serait pas la suite logique : un format qui appliquerait la recette HugoDécrypte à l'actualité belge, avec des visages d'ici. L'audience est déjà là, la confiance est installée, et la demande de contenu local incarné existe clairement. Ce serait, pour le coup, une vraie réponse au manque que ressentent les jeunes Belges. Reste à savoir si le média franchira le pas, ou s'il laissera la place à des acteurs belges pour l'occuper.

YouTube : la vraie « télé » des jeunes (et elle est largement française)

On l'oublie souvent dans les discussions sur les réseaux sociaux, mais YouTube reste un pilier absolu de la consommation des jeunes. Pour beaucoup, c'est à la fois la « télé » qu'on regarde sur un écran, un moteur de recherche et une plateforme de fond.

Et là encore, ce sont massivement des créateurs français qui occupent le terrain. Les grosses chaînes hexagonales, du divertissement à la vulgarisation en passant par les formats d'actu et de société, touchent directement les jeunes Belges, sans aucune adaptation locale. Quand un youtubeur français traite un sujet de société, de sciences, d'histoire ou de politique, son audience belge fait partie du package par défaut.

Pour les jeunes Belges, cela signifie que leur « régime informationnel » est en grande partie alimenté par des contenus français, avec ce que cela implique : une actualité belge sous-représentée et un cadre de référence souvent décalé par rapport à leur réalité.

Les podcasts : le format long qui résiste

À contre-courant de l'idée reçue selon laquelle les jeunes ne supporteraient que le format court, le podcast prouve l'inverse, à condition d'être incarné et disponible quand on le veut. Il s'écoute dans les transports, en marchant, en faisant autre chose, et s'intègre dans le quotidien sans réclamer une attention exclusive.

Le phénomène le plus parlant côté audience jeune (mais pas que), c'est Legend, le média de Guillaume Pley : des entretiens longs (souvent plus d'une heure), un cadre dépouillé, et des audiences vertigineuses. Des millions de vues quotidiennes sur YouTube et des dizaines de millions d'écoutes sur les plateformes audio. Attention : Legend n'est pas un média d'actu au sens strict. C'est de l'entretien, du récit de vie, de la confidence. Mais il illustre parfaitement deux choses : d'une part, que les jeunes acceptent volontiers le temps long quand le format est bon ; d'autre part, que ces espaces de conversation finissent par empiéter sur l'info et le débat de société, puisque Legend reçoit aussi des politiques et des personnalités publiques.

Côté belge, la RTBF ou L'Echo ont développé une vraie offre de podcasts d'info. Mais comme pour le reste, une bonne partie de l'écoute des jeunes Belges se fait sur des podcasts français à très forte audience. C'est un format que les médias belges auraient tout intérêt à investir davantage pour la jeunesse, parce que c'est l'un des rares espaces où le temps long fonctionne encore. Et la scène locale est plus riche qu'on ne le croit : si le sujet vous intéresse au-delà de l'actu, on a recensé 6 podcasts belges qui parlent de business et d'entrepreneuriat, la preuve qu'il y a, ici aussi, de quoi nourrir les oreilles en local.

TikTok : la plateforme reine, où tout se mélange

Si une seule plateforme devait résumer la consommation des jeunes Belges, ce serait TikTok. La grande majorité de ses utilisateurs belges ont moins de 35 ans, et une part importante a même moins de 18 ans.

Sur TikTok, la frontière entre divertissement, information et tendance est totalement abolie. Un jeune y croise dans le même scroll une vidéo humoristique, un décryptage d'actu, la présentation d'un nouveau restaurant, un tutoriel et un débat de société. C'est à la fois une chance et un piège pour l'information : elle peut toucher des publics que rien d'autre n'atteint, mais elle y circule décontextualisée, fragmentée, mêlée à tout le reste; ce qui rejoint le constat de Deloitte sur la vérification de l'info qui passe de plus en plus à la trappe.

Pour les communicants, TikTok impose une logique radicalement différente : ce n'est pas la marque qui parle, c'est le format natif qui prime. Un contenu qui « sent » la publicité ou le corporate est immédiatement disqualifié. Ce qui fonctionne, c'est l'authenticité, le rythme et souvent l'humour.

Ce que ça change concrètement pour les marques et les organisations

Faisons le bilan. Si vous voulez toucher les 15-25 ans en Belgique francophone aujourd'hui, le réflexe d'une seule liste de contacts presse ne suffit plus : une partie de ce public ne croisera jamais votre message dans un média traditionnel.

Quelques principes qui découlent de ce panorama :

  • Penser plateformes et personnes, pas marques médias. Le bon point d'entrée n'est plus « quel média ? » mais « quelle plateforme, et qui y a la confiance de la communauté ? ». Un newsfluenceur ou un créateur de niche bien choisi peut avoir plus d'impact qu'une insertion dans un grand titre.
  • Accepter de perdre le contrôle du format. Sur TikTok, YouTube ou en podcast, ce qui fonctionne est natif, incarné et souvent imparfait. La crédibilité se construit autrement que dans les médias classiques.
  • Composer avec la dépendance aux contenus français. C'est une réalité structurelle : une grande partie de l'attention des jeunes Belges part vers HugoDécrypte, des youtubeurs et des podcasts français. Cela ouvre une vraie opportunité pour des projets belges capables de combler ce manque de contenu local et incarné.
  • S'entourer de gens qui connaissent vraiment ces médias. C'est sans doute le point le plus important. Ce paysage bouge vite, ses codes sont mouvants et seuls des yeux exercés ne s'y trompent pas. Comprendre qui touche réellement les jeunes, sur quelle plateforme, avec quel ton et quelle crédibilité, demande une veille constante et une connaissance fine de l'écosystème médiatique belge. C'est exactement ce métier-là, savoir où passe l'attention et comment y entrer sans fausse note, qui fait la différence entre une campagne qui parle dans le vide et une campagne qui touche sa cible.

En résumé

Les jeunes Belges francophones n'ont pas cessé de s'informer. Ils ont cessé de s'informer via les médias. Du moins ceux que les plans médias continuent de présenter comme « jeunes ». À la place : les newsfluenceurs belges qui montent, Tarmac et ses formats, HugoDécrypte et les youtubeurs français par-dessus la frontière, les podcasts type Legend, l'océan TikTok et l'omniprésent YouTube. Et à côté, des médias historiques qui multiplient les tentatives sincères (Zest, En Vrai) sans avoir encore trouvé la formule magique.

Le fil rouge ? L'information passe désormais par des plateformes et des visages, pas par des logos. C'est déstabilisant pour un secteur habitué à raisonner en marques et en cibles. Mais c'est aussi une formidable invitation à repenser la manière dont on parle à la prochaine génération.

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